Le Costa Concordia
 

 

 

 

 

 

 

 

Le naufrage du Costa Concordia

 
La dernière croisière
 
La croisière en résumé :

Le Costa Concordia effectue sa saison touristique hivernale en Méditerranée pour le programme Costa Croisières 2011/2012, elle se nomme "la Dolce Vita", en français "la douceur de vivre", mais cette douceur de vivre est le plus souvent associée à la fiesta italienne. Le navire effectue un cercle dans le sens inverse des aiguilles d’une montre en Méditerranée, entre la France (Marseille), l’Espagne (Barcelone et Palma de Majorque) et l’Italie (Cagliari, Palerme, Civitavecchia/Rome et Savone). Dans chaque port des croisiéristes débarquent et d’autres embarquent, les croisières durent 7 jours. En fonction du port c’est du samedi au samedi, ou du dimanche au dimanche, etc. etc.

Cliquez sur la carte pour agrandissement.

Le navire ne reste qu’une journée en escale dans chaque port, il arrive généralement vers les 8 h du matin et repart entre 18 h et 19 h le soir. Il arrive qu’en fonction de la distance à parcourir entre les ports, le navire arrive vers les 13 h et reparte à 19 h voire 20 h. Ces escales permettent aux croisiéristes de descendre à terre s’ils le souhaitent pour faire une balade individuelle ou des excursions organisées par Costa Croisières.

Mais pendant ces escales des contrôles de maintenances du navire sont effectués, ravitaillement (carburant, produits alimentaires et autres), il arrive aussi que pour des raisons techniques sérieuses le navire reste dans le port pour une durée plus longue, cela s’appelle une escale technique. Les passagers en sont informés et si cela perturbe le bon déroulement de la suite de la croisière, les passagers sont généralement dédommagés en fonction du préjudice.    

 
Le naufrage en chiffres :
Le Costa Concordia transportait à l'heure du naufrage, 4231 personnes (3208 passagers et 1023 membres d'équipages), réparties en 60 nationalités différentes...

Le bilan est de 32 morts (16 femmes et 16 hommes) et 175 blessés.

Le détail des victimes est de, 27 passagers et 5 membres d'équipages, la plus jeune des victimes avait 5 ans "Dayana ARLOTTI" d'origine italienne, la personne la plus âgée avait 86 ans "Giovanni MASIA" d'origine italienne lui aussi.

 
Vendredi 13 janvier 2012, port de Civitavecchia/Rome (Italie) :
18h27 - Avant le départ de Civitavecchia / Rome (It), Francesco Schettino se trouve sur la passerelle de commandement et s'adresse à ses officiers :

"Alors OK, nous augmenterons la vitesse dès que nous sortirons d’ici en direction de Giglio. Amma, nous faisons l’inchino (révérence) à Giglio."

 

La vidéo ci-dessous des CODACONS est tirée de la boîte noire du navire et vous fait revivre le naufrage dans sa version audio et la position du navire sur la carte maritime.

 
 
La météo :

Il fait nuit quand le Costa Concordia quitte Civitavecchia / Rome ce vendredi 13 janvier 2012 à 19h18, le temps est nuageux, la température est de 13°C, avec un petit vent qui souffle Ouest-Est à 20 km/h…

Quand le Costa Concordia fera naufrage sur l’île de Giglio à 21h45, le temps est nuageux, mais la visibilité est de 20 km, la température est de 4,4°C, il y a un petit vent qui souffle du Nord-Ouest à 15 km/h, la mer est calme avec un léger courant...

 
19h16 - Départ du port de Civitavecchia / Rome :

Un officier de la passerelle de commandement du Costa Concordia prend contact avec les autorités portuaires de Civitavecchia / Rome (It) :

"Appel Compamare (capitainerie du port) Civitavecchia pour Costa Concordia !"

"Je vous écoute !"

"Je vous communique notre situation. Passagers à bord 3208. Membres d’équipage 1023. Notre port d'arrivée demain est Savone. Demain à 7 heures."

 

Les images de la vidéo ne sont pas tournée à Civitavecchia (It) mais à Naples (It) en 2010.

19h18 - Largage des amarres du Costa Concordia :
Le Costa Concordia quitte le port de Civitavecchia / Rome (It) en direction de Savone (It)...

Nous pouvons entendre dans cet enregistrement que le nombre de personnes à bord du Costa Concordia qui était annoncé depuis plusieurs mois n’est pas de "4229", mais de "4231", "3208 passagers et 1023 membres d’équipage"…

 

19h40 - le Costa Concordia sort des limites du port de Civitavecchia (I), il fait route en direction de l’île de Giglio (I) là il est placé en mode de pilotage automatique. Mais au même moment une personne "désactive le système d’alarme" de limite de distance et de limite de profondeur soit deux heures avant le naufrage. Cette désactivation des alarmes va empêcher les sonars ou écho-sonars de faire leur travail, cet à dire de repérer et d’alerter la passerelle de commandement de fonds peu profond et de récifs immergés.

 
La route :
Le Costa Concordia dans la logique devait passer au milieu d'un chenal d'environs 15 km de large entre l'île de Giglio et la côte de Porto Santo Stefano, ce qui veut dire au minimum à 7 km de son lieu du naufrage direction Nord/Ouest 44°, mais le commandant Francesco Schettino en décide tout autrement. C'est une tradition chez les commandants de Costa Croisières, de faire l'Inchino (la révérence), le plus souvent à des îles comme Giglio, mais aussi à des lieux très touristiques du continent comme la baie de Capri (It), sur le web beaucoup de vidéos amateurs circulent sur ces Inchinos...

Décision est prise et le Costa Concordia fait route non pas vers Savone (It), mais vers l'île de Giglio en Toscane, les passagers pour une très grande majorité ne sont même pas informés ! Rien n'a circulé sur cette tradition, pour preuve le journal de bord le "Today" du jour que tous les passagers reçoivent dans leurs cabines ne le stipule pas. Sauf quelques privilégiés qui se trouve proche de la table du commandant Francesco Schettino sont informés par lui même de cet Inchino à Giglio...

La mer est calme, la nuit est claire, les passagers ont sorti leurs plus belles tenues de soirée, normal c'est la soirée de Gala. Pour certains d'entre eux, c'est la fin de la croisière qui les aura emmenés de leur port de départ, "Savone (Italie), Marseille (France), Barcelone (Espagne), Palma de Majorque (Espagne), Cagliari (Italie), Palerme (Italie) et Civitavecchia/Rome (Italie)..." En fait, le navire tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, à chaque escale des passagers débarquent et d’autres embarquent…

Les membres d'équipages eux vaquent à leurs tâches quotidiennes pour que cette soirée de gala soit une belle fête et pour mener à bon port et dans les meilleures conditions le navire et ses passagers. Pendant que certains danseurs, chanteurs, musiciens, assurent déjà le spectacle dans divers points du navire, et surtout au Théâtre Atene pour le second spectacle de la soirée, celui qui concerne les passagers qui ont dîné au premier service de 19h. Pendant que d'autres passagers s'attablent dans les restaurants pour le second service, celui de 21h...

21h - Des passagers constatent que le Commandant Francesco Schettino vient s’asseoir au restaurant "Milano" pont 3 Belgio, à l’arrière du navire avec une jeune dame qui s'appelle "Domnica Cemortan."

21h09 - le Costa Concordia fait route au 302° à une vitesse de 15,8 nœuds en mode de pilotage automatique. Il se trouve à 4,8 milles au sud de l'île de Giglio.

21h18 et 46 s - L'officier Ciro Ambrosio ordonne à l'officier Pilon de la salle des machines que la vitesse du navire descende à 15,5 nœuds.

21h19 et 9 s - L'officier Ciro Ambrosio téléphone au commandant Francesco Schettino, pour l'informer que le navire sera à Giglio à 21 h 44, (ce dernier ce trouve au restaurant "Milano"), et lui communiquer aussi la route qui avait été définie au départ du port de Civitavecchia. Le passage du Costa Concordia doit s'effectuer à 0,6 milles de l'ile, le point tournant pour passer devant l'île doit s'effectuer à 21h39 pour être face au port de Giglio à 21h44...

21h19 et 19 s - Le navire se trouve à un cap de 279°, l'étrave orientée vers l'île de Giglio. Mais toujours à une vitesse de 15,8 nœuds, L'officier Ciro Ambrosio ordonne une nouvelle fois à l'officier Pilon de la salle des machines de baisser la vitesse à 15,5 nœuds !

21h20 - (Selon des témoins) Francesco SCHETTINO, déclare aux passagers qui l’entourent de monter sur le pont promenade pour assister à l’Inchino.

21h20 - Francesco Schettino quitte la table du restaurant "Milano' en compagnie de Domnica Cemortan, Ciro Onorato et Manrico Giampedroni, en direction de la passerelle de commandement. Il va falloir environ 15 minutes à ce petit groupe pour rejoindre la passerelle de commandement. Pour cela Francesco Schettino, va devoir traverser le navire de la poupe à la proue du navire (de l’arrière à l’avant)…

Selon d’autres témoignages, Francesco Schettino, arrive sur la passerelle en compagnie du chef Ciro Onorato et d’une amie moldave Domnica Cemortan, ancienne danseuse chez Costa Croisières, vers les 21h35…

21h34 et 09s - Arrivée du commandant Francesco Schettino sur la passerelle de commandement. Il demande à l'officier Ciro Ambrosio la vitesse du navire ce dernier répond "15,5 nœuds commandant !" Francesco Schettino demande le cap, l'officier Ciro Ambrosio lui répond "Cap au 278 commandant !".

21h39 et 16s - Francesco Schettino annonce en anglais qu’il prend le commandement du navire. L'officier Ciro Ambrosio répète "Pilotage manuel !" Le timonier Jacob Rusli Bin quitte son poste de veille et prends le timon pour la conduite du navire manuellement.

"Master takes the comm" (le Maitre prend le comm).

"timone a mano" (gouvernail à la main).

L'officier Ciro Ambrosio, ordonne le maintien du cap à 278. Le timonier "cap 278 !"

21h36 et 10s - L'officier Ciro Ambrosio ordonne le cap à 290. Le timonier "cap 290 !"

21h36 et 39s - Le Costa Concordia arrive au point où il doit tourner à tribord (droite) cap 334.

21h37 et 49s - L'officier Ciro Ambrosio annonce "cap 290 !"

21h38 et 43s - Francesco Schettino demande à l'officier Silvia Coronica, "à 0,3 ou 0,4 milles de l'ïle, il y a assez de fond ? Oui ? Ok, alors nous sommes bons."

21h39 et 17s - Le Costa Concordia est au 42°20, 4309 N 010° 57,2476 E.

21h39 et 29s - Francesco Schettino en anglais :

  • "300… Tribord…"

21h40 et 02s -

  • "310"

Mais le navire est au cap 295.

21h40 et 50s -

  • Francesco Schettino "325 !"

  • Le timonier "315 !"

  • L'officier Ciro Ambrosio, hurle "335 !!"

  • Francesco Schettino "325 !"

  • Le timonier "325 !"

Là un incompréhension coupable entre le commandant, le timonier et l'officier... En plus le Costa Concordia est au cap "298 !"

21h42 et 09s -

  • Francesco Schettino "330"

  • Le timonier "330 !"

Mais le Costa Concordia est au cap "312,5 !"

21h43 et 36s -

  • Francesco Schettino "340"

  • Le timonier "340 !"

Mais le Costa Concordia est au cap "326 !"

21h43 et 50s

  • Francesco Schettino "350 tribord !"

  • Le timonier "340 !"

  • Francesco Schettino "350 tribord ! Sinon nous allons sur les rochers."

Le Costa Concordia est au cap "336,3 !"

21h44 et 14s -

  • Francesco Schettino "10 tribord !"

21h44 et 18s -

  • Francesco Schettino "20 tribord ! Tribord toute !!!".

Un officier hurle "midship !"

21h44 et 44s -

  • Francesco Schettino "10 bâbord !"

21h44 et 48s -

  • Francesco Schettino "20 bâbord !"

Mais le timonier ne comprend pas les ordres et continu de mettre la barre à droite...

21h45 et 05 -

  • Francesco Schettino hurle, "Bâbord toute !!!!"

Le timonier corrige son erreur mais avec... "13 secondes de retard !"

21h45 et 07s - "IMPACT."

L'arrière bâbord du Costa Concordia percute un scole (un ensemble de rochers en granite immergés), ont perçois dans la bande audio de la boîte noire des vibrations de la structure du navire et de tous les éléments intérieurs, des alarmes se déclenchent, le navire tombe brutalement à une vitesse de 8,3 nœuds, il perd la propulsion de ses deux moteurs et va dériver à 350° ...

Pour bien comprendre la manœuvre du commandant Francesco Schettino, quand ce dernier arrive sur la passerelle de commandement, il s’aperçoit que le navire ne suit pas la route initialement prévue pour faire l’inchino à l’île de Giglio. L’écume des vagues qui s’écrasent sur les rochers va lui faire prendre rapidement conscience que le navire est trop prêt de la cote, il va ordonner à ce moment-là au timonier de mettre la barre à tribord pour que le navire prenne sont virage et puisse longer la côte du Giglio.

Mais il analyse aussi que la force d’inertie du navire qui est trop près de la cote va faire que l’arrière du navire risque de percuter les rochers. Il ordonne dans un premier temps, la barre à bâbord en fait pour redresser la proue (l’avant) du navire, et que la poupe (l’arrière) du navire ce déplace vers la droite et évite les écueils, mais le timonier ne comprend pas l’ordre et va mettre la barre à tribord, avant de s’apercevoir de son erreur et de remettre la barre à bâbord. Malheureusement, il est trop tard la vitesse et la force d’inertie vont faire que le navire percute violemment le Scole, arrache un rocher de plus de 500 tonnes, qui va créer une brèche de 53 mètres de long pour une hauteur de 7,30 mètres…

21h45 et 18s - Francesco Schettino en italien :

"Fermez les portes étanches à l'arrière !"

Cette phrase confirme que le Costa Concordia navigue avec les portes étanches ouvertes, et que le commandant Francesco Schettino est bien informé de cette pratique interdite par le code maritime international !

21h45 et 31s -

Francesco Schettino : "À gauche toute !"

Ciro Ambrosio : "À droite toute)."

Timonier : "À droite toute."

Francesco Schettino : "À gauche toute !!!"

Là encore une mauvaise interprétation des ordres du commandant, puis 41 secondes après c'est le black-out !!

 
La reconstitution de l'accident par le biais de l'animation de Rick Lima ci-dessous vous fait revivre ce moment tragique :
 
 

Grazie Rick LIMA (Roma)

 

À 21 h 56, soit 11 minutes après le naufrage Francesco Schettino contacte avec son propre téléphone le responsable de crise de Costa Croisières Roberto Ferrarini. C’est pour cela que vous n’entendez que la voix de Francesco Schettino et pas celle de Roberto Ferrarini. Il lui indique l’accident et les raisons de son passage à Giglio (I), cela serait à la demande du commandant à la retraite Mario Palombo, qui a une maison sur l’île de Giglio. A noter que le Mario Palombo a nié cette version des faits au procès. Il avait même déclaré lors d’une interview au mois de janvier 2015 qu’il n’était pas le complice de Francesco Schettino. Grazie la Repubblica.

Roberto ?...

Roberto, c’est Fra’… C’est Francesco, je suis passé à l’île de Giglio, ici ! Il y avait le commandant Palombo qui m’a dit "Passe ici, passe ici…" Je suis passé ici, et la poupe a pris un bas fond.

J’ai regardé ! Je suis mort… non, non je ne dis… non je ne dis rien.

Pour le satisfaire, je suis foutu, je l’ai fait… cette chose… Et je suis passé… au final, il y avait ce petit rocher qui... Nous sommes en black-out, il apparaît que cela est dû au choc contre la poupe. Nous procédons à l’évaluation.

Apparemment maintenant c’est fait…  il y a encore peu de fond voilà pourquoi l’ancre… l’eau arrive pratiquement à la poupe, au tableau principal c’est pour cela qu’il y a un black-out. Je ne sais pas… Je suis détruit ! Je suis foutu !

Eh pourquoi ? Eh parce qu' il s’avère pratiquement que nous avons pris un coup sur la poupe, seulement sur la poupe. Palombo m’a dit "venez !" Non, non, non, non, non pas l’hélice ! Deuxièmement, je pense… seulement sur la partie de la poupe.

Sur… je dois, je vais faire l’évaluation.

Non, j’étais, j’allais à quinze nœuds et il m’a dit (Palombo) de mettre…

Je suis peut-être, il était…

"vous pouvez passer dessous, ne vous inquiétez pas, passez !" Je suis passé… J’ai pris le commandement du navire. Je suis allé tout droit, au final je suis passé à droite dans la nuit…  j’ai percuté les rochers dans un bas fond, je suis allé voir sur le VDR…

Dessous avec la poupe, avec la poupe… Légèrement à gauche ! Oui, avec la partie finale de la poupe, oui ! Et maintenant l’eau entre dans la poupe !

Eh !... nous… et moi… je suis… je suis ici… la chose principale j’ai jeté l’ancre dans un bas fond… et maintenant je vais voir, un instant…

Le chef mécanicien Laccarino : Dg1, dg2 et dg3 sont inondés. Actuellement dg1, dg2, dg3, inondés !

Francesco Schettino à Laccarino : Bien reçu, bien reçu, bien reçu…

Francesco Schettino à Ferrarini : Non, non, je n’ai appelé que vous, je suis en attente… Laissez-moi voir la profondeur s'il vous plaît.

 

Pendant ce temps dans tout le navire, les passagers et membres d'équipage savent qu'il vient de se produire quelque chose, mais ils ne savent pas quoi exactement, il y a eu des vibrations, le navire à légèrement tanguer, suffisamment pour faire tomber des objets et des passagers...

Mais personne ne peut un instant imaginer que le Costa Concordia vient de percuter un rocher, qu'une brèche de 50m de long vient de s'ouvrir dans la coque du navire et cela comme une simple boîte de sardines, que l'eau entre à une vitesse grand "V", mais surtout qu'après la fête c'est l'enfer qui commence pour eux !!

 

Joe STRIBLEY, un des jeunes danseurs qui était allongé dans sa cabine, quand le bateau s’est mis à gîter, a vu les verres, bouteilles et objets de sa cabine tomber au sol, il a été obligé de s’agripper à sa couchette, il dira aussi que toutes les portes se sont brutalement ouvertes…

De panique il téléphonera à sa famille !

Une partie des passagers se trouve dans les restaurants "Milano, Roma ou Samsara" pont 3 Belgio, pour le second service des repas gastronomiques, ou alors sur les ponts 9 Francia et 10 Germania au "Parigi restaurant buffet...", l'autre partie des passagers déambulent d'un lieu à un autre, là où il y a de l'animation...

Darek EBBAGE, un passager à la retraite dira que dans le restaurant Roma où il dînait avec sa femme Viv, il a entendu comme une détonation, suivi d’un grincement et puis le bateau s’est mis à fortement vibrer, sa chaise a glissé sur plus d’un mètre. Il ajoutera que sa compagne et le passager à côté d’elle s’agrippaient à la table…

De plus, du fait que c'est la soirée de Gala, tous les passagers sont en tenue de soirée, les femmes ont sorti leurs plus belles parures, les hommes ne sont pas en reste, mais ces tenues de soirée ne sont pas faites pour évacuer un navire…

Une des danseuses, Kirsty Cheslin-Huttall âgée de 20 ans qui se trouve sur le pont 3 belgio à l’avant du navire où se trouve l’Atene Theatre, avouera qu’elle et son amie se sont dit "holà, ça n’a pas l’air bon !" Et elles regardaient les serveurs courir derrière leurs chariots en train de se renversaient…

Puis elle rajoutera "D’abord on a été secoué, cela arrive quand la mer est agitée, mais ce coup-ci le bateau est resté pencher du même coté." Elle dira aussi qu’ils ont entendu un bruit sourd, "Boom ! Boom !!" Et elles se sont regardaient et se sont dit "C’est étrange !!" Mais elles avaient l’ordre de ne pas bouger, elles devait attendre l’ordre du commandant…

Certains commenceront même par appeler leurs familles sur le continent, pendant que d’autres qui se trouvaient dans les bars où restaurants resterons assis dans l’attente d’information sur ce qu’il venait de se passer…

Pendant ce temps, à "l’Atene Theatre" entre les ponts 3 Belgio, 4 Grecia et 5 Italia, où se déroule le second spectacle de la soirée, les spectateurs mêmes assis vont sentir la vibration, des verres et objet tombent, mais c’est surtout le rideau de la scène de spectacle qui d’un coup se trouve pencher, ce qui attire l’œil des passagers…

Une rescapée dira même, "C’est un peu comme dans un avion, l’avion se penche pour tourner et l’on ne s’aperçoit de rien sauf que les rideaux de séparation penchent à droite ou à gauche…"

Les passagers commencent à quitter le théâtre, assez rapidement, mais sans véritable panique, il est vrai qu’il n’y a pas de fenêtre qui donne sur l’extérieur…

Un autre danseur James THOMAS dira qu’il a essayé d’attraper la main courante, mais il n’a pas pu s’en saisir et il est tombé…

Les passagers qui déambulent, dansent, boivent un cocktail ou une boisson dans l’un des nombreux bars en écoutant un chanteur ou un groupe de musiciens, le principal bar du Concordia était le "Grand Bar Berlino" pont 5 Italia, ou qui jouent au "casino Barcellona", vont sentir cette même vibration, voir les objets tomber, ou des personnes perdre l'équilibre et chuter…

Le matériel de sonorisation, les fauteuils, tables, chaises, bouteilles, verres, etc., tombent ou glissent, les passagers et les membres d’équipage perdent pour certain l’équilibre. Les passagers qui déambulent aux niveaux 3, 4 et 5 de "l’Atrium Europa", où se trouvent les boutiques "Art Gallery, Photo Area" ou buvant une boisson à "l’Europa Bar", ou descendent le grand escalier de "l'Atrium Europa", vont sentir cette même vibration, voir mêmes des scènes de chute et pour certains perdre eux même l’équilibre…

Dans le hall de l’Atrium, se trouve des musiciens adossaient à l’arrière des ascenseurs panoramiques et face à l’Europa Bar, le matériel de musique va glisser de plusieurs mètres…

Les parents qui on donnait l'autorisation à leurs enfants pour aller dans la salle du "Mondo Virtuale" pont 5 Italia, pour jouer avec les nombreux jeux vidéo, mis à leur disposition. Ces parents commencent à paniquer et veulent à tout prix rejoindre leurs enfants dans cette salle de jeu, où sûrement les enfants ne se sont aperçus de rien trop préoccuper à jouer...

Il y a aussi les passagers qui se trouvent dans les ascenseurs et qui vont bientôt se retrouvaient bloqué dans le noir suite à la panne d’électricité ou dans les escaliers voire dans leurs cabines intérieures…

En ce mois de janvier, très peu de passagers sont dans les parties extérieures du navire surtout la nuit tombée, ce qui veut dire que les passagers ne savent pas qu’ils sont proches de la terre ferme...

Mais quelques-uns sont sur le pont promenade du Concordia, ceux que Franceso Schettino a prévenus de la manœuvre qu’il va effectuer pour faire le salut à l’île de Giglio. Ces mêmes passagers vont assistaient à l’accident avec le Scole…

Une panique s’installe, comment pourrait-il en être autrement, les passagers ne comprennent pas pourquoi le Concordia penche, et surtout qu’il va pencher de plus en plus !

Les membres d’équipage tentent de rassurer les passagers, en leur disant de rester calmes, qu’ils maîtrisent la situation…

Quelques passagers commencent calmement à aller vers leurs cabines pour prendre un vêtement chaud à tout hasard, ils prennent pour certains leurs médicaments, et leurs gilets de sauvetage, bien que personne ne leurs disent quoi que se soit, mais ils respectent les consignent de la réunion d'information, bien qu'il n'y ai pas eu d'alerte d'évacuation du navire…

Pendant ce temps sur la passerelle de commandement, les officiers essayent de gérer une situation qui au fil des minutes va devenir ingérable...

21h45 et 59s - Francesco Schettino en anglais

"À droite toute." Mais les commandes ne répondent pas !

21h46 et 16s - Francesco Schettino en italien :

"Fermez les portes étanches des machines, panneau d’urgence !"

On ne perçoit pas de panique verbale, mais l’on entend des bruits de pas rapide, alors que les alarmes continuent de sonner !

21h46 et 16s - Perte de contrôle du gouvernail.

21h48 et 55s - Ciro Ambrosio appelle la salle des machines.

21h49 et 16s - Conversation téléphonique entre Francesco Schettino et le chef de la salle des machines, Francesco Schettino lui demande une évaluation des dégâts et si l’eau entre dans le navire. Le chef de la salle des machines lui confirme que l’eau entre dans le navire…On perçoit une tension dans la salle des machines, mais sans réelle panique.

21h51 et 31s - Canessa appelle la salle des machines, pour le commandant Francesco Schettino.

21h51 et 50s - Conversation Francesco Schettino et le chef Pilon de la salle des machines.

Schettino : "Et alors ? C’est sûr nous allons au fond, je ne comprends pas…" 

Pilon : "eh, eh…"

21h52 et 25s – Dans la salle des machines.

Pilon : "Le tableau électrique est inondé… "Muscas ! Enclenche ce putain de diesel de secours !!" "Commandant impossible de faire partir le navire…"

Dans la discussion qui suit, on entend Francesco Schettino dire :

"On va au fond de l’eau !"

21h53 et 23s - Sur la passerelle de commandement, on prépare un communiqué pour les passagers…

21h54 et 04s -

Le directeur de croisière : "Je vous conseille de faire une annonce linguistique par l’hôtesse aux passagers…"

L’annonce est en deux langues (Anglais et Italien) :

"Mesdames et messieurs je vous demande votre attention, voici un message du commandant. Nous avons un problème technique, le navire a eu une panne électrique, la situation est sous contrôle. Toute l’équipe technique du Costa Concordia fait tout son possible pour régler ce problème électrique le plus rapidement possible. Le commandant vous demande de rester calme, la situation est sous contrôle, nous faisons tout notre possible pour régler ce problème. Merci"

C'est environ à ce moment-là que Francesco Schettino contacte le chef de la cellule de crise de Costa Croisières "Roberto Ferrarini", puis selon la boîte noire dialogue avec ses officiers…

21h57 -

Francesco Schettino contacte Roberto Ferrarini le responsable de crise à terre et lui explique que le navire a percuté un rocher, il lui explique la situation au moment de l’appel et lui fait état de la probable évolution de la situation. Il va lui indiquer que le navire est en black-out, mais que les hélices ne sont pas touchées. Il l’informe aussi que l’eau entre par l’arrière et que le système électrique est foutu.

Mais Roberto Ferrarini ne mesure pas au travers des propos du commandant l’ampleur des dégâts, il ne se doute pas que deux compartiments sont déjà noyés !  Il va contacter l’inspecteur technique de Costa Croisières, pour lui demander son avis, mais il ne l’informera pas que le Costa Concordia est en black-out ! N’étant pas informé, l’inspecteur technique va donner de mauvaises instructions, utiliser les propulseurs d’étraves pour que le navire soit placé dans un lieu sûr, jeter l’ancre et faire une évaluation des dégâts…

21h59 et 47s - nouveau dialogue avec la salle des machines :

Christidis : "…non, non, pour le moment il semble qu’il n’y est aucune pompe qui démarre…"

22h00 et 17s -

Christidis : "DG1, DG2, DG3 sont inondés ... l'eau continue à monter, à proximité du volant du moteur..."

16 minutes après l’impact, le commandant ne pouvait pas ignorer la gravité de l’accident et la perte du navire, du fait que les équipes d’intervention signalaient que les compartiments étanches (WTC) principaux du navire étaient touchés.

Ces WTC étaient essentiels au bon fonctionnement du navire dans le détail :

Le WTC 4, abritait les paliers de bielles et des unités hydrauliques, les compresseurs de climatisation.

Le WTC 5, abritait la propulsion des moteurs électriques (PEM), les pompes à incendie des cales, la propulsion, les transformateurs de ventilation de la salle des machines, les transformateurs de propulsions.

Le WTC 6, abritait les trois principaux générateurs diesel (AFT).

Le WTC 7, abritait les trois principaux générateurs diesel (FWD).

Le WTC 8, abritait les ballasts et les pompes de cales.

22h06 et 53s - Conversation entre Pilon, chef des machines, et Ambrosio.

Pilon : "Allo, le diesel ne démarre pas, je vous contacte par la radio…"

Ambrosio : "Ça va !"

Pilon : "Ça va, OK !!"

 

Le Concordia penche, et cela, de plus en plus fortement, dans certains couloirs où lieux il est difficile de rester debout…

Quelques minutes avant le choc, personne ne pouvait imaginer une seconde qu’un naufrage pouvait survenir. D'ailleurs, pourquoi être inquiet ? Pourquoi se poser des questions, il ne peut rien arriver à cette ville flottante de 115 000 tonneaux, il n'y que dans les films que l'on voit des scénarios catastrophes...

Le Titanic ? C’est si loin ! Puis c’était une autre époque !! Vous, vous imaginez 1912, cent ans, cent ans ! Non la même chose ne peut pas arriver de nos jours...

Même à la réunion d'information on a dit aux passagers, "il faut au moins trois jour pour qu'un navire comme le Concordia coule !!"

L’esprit libre sans aucune contrainte, ici on n’est pas là pour penser aux problèmes de la vie quotidienne, ni penser une seconde que le pire est en train de se jouer. Non tous sont là pour se détendre, prendre du plaisir, se reposer, faire la "FÊTE", n'oublions pas c'est la "Dolce Vita !"

Oui, c’est la fête, mais le destin est là, insinues, et il va replonger les 4231 personnes dans le passé, les passagers du Concordia vont faire un bond de cent ans en arrière, là plus question d'iceberg, mais d'un piton rocheux...

Darek EBBAGE et sa femme Viv diront, "personne ne nous disait rien, même pas de mettre nos gilets de sauvetage !"

De son coté "Valentina CAPUANO" âgée de 30 ans, originaire d'Avellino (Italie) et en vacances sur le Costa Concordia va se souvenir d'une histoire que ses parents lui ont souvent racontée, celle de son oncle qui était un des passagers malheureux du Titanic, qui sombra dans la nuit du 14 avril 1912...

Mais là, plus d'histoire du passé, plus de cinéma ! Tout ceci est bien réel et comble du hasard nous sommes un "vendredi 13", le vendredi 13 janvier 2012 le Costa Concordia fait naufrage, le dimanche 14 avril 1912 le Titanic l’avait précédé, à trois mois près cent ans séparent les deux naufrages !

Certains passagers diront même qu’au moment de l’impact, une musique était diffusée dans l’un des restaurants du navire "My Heart Will Go On", la chanson de Céline DION, bande originale du film de James Cameron, "TITANIC !"

Que dire, que penser, quand l’on sait que la bouteille de champagne qui devait servir au baptême ne s’est pas cassée contre la coque du Concordia en cette année 2005…

Cent ans plus tôt l’armateur du Titanic "Lord William James Pirrie" n’avait pas souhaitait baptiser son navire, justement de peur que la bouteille de champagne ne se casse pas…

La plupart des marins vous diront que cela n’est pas très bon, que cela porte malheur !

Mais revenons à cette terrible soirée, dix minutes après le choc, l’électricité va s’éteindre, normal la salle des machines et des générateurs est sous l’eau…

Francesco Schettino, reconnaîtra plus tard, "Il est vrai que le salut était pour l’amiral Mario Palombo, avec qui j'étais au téléphone. La route a été décidée dès que nous avons quitté Civitavecchia, mais j'ai fait une erreur sur cette approche. Je naviguais à vue parce que je savais au fond que j'avais fait cette manœuvre trois ou quatre fois. Mais cette fois, j'ai commandé le virage trop tard et je me suis retrouvé dans l'eau qui était trop peu profonde. Je ne sais pas pourquoi c'est arrivé, j'ai été victime de mes instincts"...

Quelques minutes après le choc avec le Scole, l’électricité va donc être coupée, il ne reste plus que les blocs de secours qui fonctionnent sur batterie individuelle…

Cette panne de courant va provoquer encore plus de panique, les passagers vont pour certains se bousculer pour sortir sur les ponts extérieurs là où se trouvent les chaloupes, n’oublions pas que la plupart ne savent pas qu’ils sont proches de la terre ferme…

À 22h06, une habitante de l’île de Giglio, reçoit un appel d’un passager, qui lui signale l’accident et que le navire est dans l’obscurité. Elle préviendra la Capitainerie du port de San Stefano (Ital), qui contactera le Concordia immédiatement :

22h09 et 26s -

Appel de la Capitainerie du Port.

Garde-côtes : "Costa Concordia, Costa Concordia c’est la Capitainerie du Port de San Stefano, bonsoir. Excusez-moi, est-ce que vous avez des problèmes à bord ?"

Canessa : "Nous sommes en train de vérifier les conditions."
 
Garde-côtes : "Avez-vous besoin d'aide ou bien est-ce que vous restez dans la zone ?"
 
Canessa : "Pour le moment, nous restons ici."

Garde-côtes : "Qu’elle est la situation ?"
 
Canessa: "Pour le moment, nous avons une panne d’électricité et nous essayons de la résoudre… "

Garde-côtes : "Quelle sorte de problème rencontrez-vous ? Est-ce que c'est juste le générateur ?"

Canessa: "Nous vérifions les conditions de la coupure. Nous vérifions les conditions de la coupure."

Garde-côtes: "Tenez-nous informés sur la situation."

22h10 et 34s - Canessa appelle la salle des machines pour Francesco Schettino qui souhaite des informations du chef des machines Pilon !

Pilon : "Tout est inondé DG1, DG2, DG3, générateur électrique…  L’eau sort par la partie supérieure de la porte étanche… "

Francesco Schettino : "Je vois que le vent me pousse sur ... ici ... Je doute ... Je veux juste savoir une chose de vous. Une seule chose que je veux savoir: si nous avons 4,5 et 6."

Pilon : "4, 5 et 6 vous ne l'avez pas ! Même 1,2 et 3…"

Francesco Schettino : "Autrement dit, les moteurs sont tous inondés ?"

Pilon : "Tous inondée ! Et nous avons aussi le panneau électrique principal rempli d'eau, commandant !"

Francesco Schettino : "L’eau rentre de plus en plus !"

Pilon : "L'eau entre beaucoup plus pour le moment…"

Francesco Schettino : "Je veux juste savoir si les pompes principales sont en marche ?"

Pilon : "Nous essayons de les mettre en route…"

Francesco Schettino : "OK." 

Cet homme qui volontairement pour faire plaisir à son ancien formateur, va provoquer l'irréparable…

Cet homme d'un peu plus de 50 ans va être le responsable tout ou partie de la mort de 32 personnes, de centaines de blessés, de la destruction d'un navire de croisière de presque 500 millions d'euros, et qui n'avait pas encore 6 années de vie, mettre à mal l’image de son employeur, sans parler des dégâts occasionner à la flore et à la faune marine de la petite île de Giglio et aussi au patrimoine historique mondial en écrasant deux navires grecs de l'époque hellénistique 220 av. Jésus-Christ...

Lui qui avait été conseillé technique dans un film français d'Éric Lavaine "Bienvenue à bord", quelques mois auparavant, va "peut-être" paniquer et tenter de fuir le terrible sort qui tombe sur ses épaules...

La boîte noire confirme que trois minutes après l’impact avec le Scole, Francesco Schettino sait que trois compartiments étanches sur les sept qui composent le navire sont éventrés ! À 21h48, il sait que le Concordia est perdu !!

Comme pour le Titanic, un navire aujourd’hui ne peut flotter que s’il a un maximum de deux compartiments éventré là il n’y en a trois, donc aucune chance de sauver le navire, qui inexorablement va couler, emportant avec lui des centaines de passagers dans cette froide nuit du mois de janvier 2012…

Le Concordia continu sa route sur ça lancer, mais sans plus aucun moyen de navigation, sauf la radio qui lui permet de communiquer avec le continent, il va dériver, car là aussi il n’a plus de moyen de propulsion, les 6 moteurs Diesel Wärtsilä sont sous l’eau…

Francesco SCHETTINO, dira selon ses propres paroles, avoir mis la barre à "bâbord toute", et a fait un 360°, pour revenir vers l’île de Giglio que le Concordia avait dépassée, vers 22h, "FAUX" il sait que le navire n'a plus de gouvernail depuis 21h46 et 16s

Confirmer par les experts, il est totalement impossible que le commandant Schettino est pu faire cette manœuvre ! Et comme le dira le procureur Francesco Verusio, "seule la main de Dieu à fait que les courants et le léger vent ont repoussé le Concordia sur la côte de l’île de Giglio…"

Pourtant avec toutes ces informations, il ne donne toujours pas l’ordre de rassembler les passagers avec les gilets de sauvetage aux points A et B d’embarquement des chaloupes au pont 4 Grecia…

Ce qui veut dire que les passagers et une grande partie des membres d’équipage ne sont toujours pas informés qu’ils vont devoir abandonner le navire…

Un nouveau contact va être pris par les gardes cotes quelques minutes après, car ils reçoivent beaucoup d’appels téléphoniques venant des passagers, des familles des passagers et même maintenant des habitants de l’île de Giglio, et de leur Maire en tête...

Garde-côtes: "Bonsoir Costa Concordia, avez-vous des problèmes à bord ?"

Officier de bord : "Oui, affirmatif. Nous avons une panne de courant à bord. Nous vérifions ce qui se passe."

Garde-côtes: "Un proche d’un membre d’équipage a appelé la Police pour leur dire que plein de choses étaient tombées par terre pendant le dîner."

Officier de bord : "Non, négatif. Nous avons une panne de courant et nous vérifions la situation à bord. Nous vous tiendrons informés."

On s’aperçoit là encore que l’officier de bord tient les mêmes propos que dans la conversation précédente…

22h16 - Un officier de bord contacte les autorités maritimes de Civitavecchia, pour l'envoi de deux remorqueurs, la raison invoquée est qu'il y a une brèche sur le coté bâbord du navire, mais que la situation est sous contrôle...

Les autorités maritimes n'y croient pas trop et commencent à envoyer les premiers secours, la patrouille la plus proche est la GDF 104, dans le même temps d’autres moyens sont envoyés sur le lieu du naufrage : 25 bateaux de patrouilles, 14 vaisseaux, 4 remorqueurs, 8 hélicoptères...

22h18 - plus rien ne fonctionne dans la salle des machines, les pompes de cales des ballasts et de barre sont sous l’eau. Le Costa Concordia est quasiment à l’arrêt et commence à dériver vers le sud-ouest. Le vent de nord-est et les courants plus le gouvernail bloqué à tribord, vont faire que le navire va tournée sur lui-même et revenir vers la côte de l’île. Cet effet va faire que le gîte du Costa Concordia va passer de bâbord à tribord…

22h26 et 04s - Conversation entre Fiorito et Pellegrini. Pellegrini demande à Fiorito de lui dire si les pompes peuvent démarrer, Fiorito lui répond que non elles ne peuvent plus démarrer, Pellegrini lui demande pourquoi :

Fiorito : "parce que les locaux des pompes sont aussi inondés…"

Puis Borghero un responsable des machines prend le téléphone.

Borghero : "Alors ici, nous avons perdu la salle des machines un, deux, moteurs et jusqu'au pont zéro tout est inondé, tout le panneau électrique principal inondé. Tout est inondé jusqu'en haut du pont zéro, nous sortons du pont."

Pellegrini : "l’eau sort du pont zéro, commandant"

Francesco Schettino : "Vous devez fermer les portes étanches"

Ciro Ambrosio : "Vous devez fermer les portes étanches, ferme tout.. Portes étanches fermées immédiatement !"

Pellegrini : "problème de refroidissement sur le générateur d’urgence… le diesel à des problèmes de refroidissement, danger… 100 degrés… le problème c’est que le ventilateur de refroidissement est bloqué par l’eau…"

22h31 et 09s - Une vive discussion va avoir lieu entre les responsables de la salle des machines (qui demandent l’autorisation d’abandonner leurs postes, car ils ne peuvent plus rien faire, tout est inondé, et l’eau monte très vite) et la passerelle de commandement.

À ce moment là Francesco Schettino lâche cette phrase :

"Laissez-moi un moment j’appelle Ferrarini (le responsable de crise à terre Costa Croisières) ! "

On perçoit de l’incompréhension chez les mécaniciens, puis une voix lance !

"Partez vite, partez vite…"

Cela va être dû chacun pour soi ! Pendant ce temps sur la passerelle de commandement :

22h33 et 16s -

Di Lena : "Que faisons-nous, alerte générale ?"

Canessa : "Alerte générale"

22h34 - la Capitainerie de Livourne (Ita), rappelle le Costa Concordia et demande si le navire peut encore naviguer, s’il faut le déclarer en détresse, s’il faut l’évacuer ?

Réponse affirmative, navire en détresse !!

22h35 - Francesco Schettino décide l'abandon du navire après avoir contacté le responsable de crise Costa !

Une voix crie ! "Nous quittons le navire"

Les habitants de l'île de Giglio eux voient le Concordia qui se dirige droit sur l’île, ils se disent "Mais que fait-il ?", et de rajouter "Mais il est fou, il ne rentrera jamais dans le port !"

Ils remarqueront aussi que le Concordia penche déjà fortement à tribord, cela provient sûrement de l’eau qui a envahi les compartiments qui se trouvent à tribord du navire au moment où ce dernier à fait un 360°. Le côté opposé de la brèche, et cela à cause des portes étanches qui était ouvertes…

Ils vont aussi remarquaient qu’il n’y a plus de lumière à bord, sauf les blocs de secours, et décident pour certains de prévenir le Maire de l’île Sergio Ortelli et les autorités portuaires de Livourne…

Mais pendant ce temps à bord du Concordia, la panique enfle et les passagers commencent à s’entasser le long des chaloupes de sauvetage, des membres d’équipage postés devant interdissent toute embarcation dans les chaloupes, normal ils n’ont pas reçu d’ordre d’abandon du navire…

Là, la tension monte, les gens crient, les enfants pleurent, des passagers n’ont pas de gilet de sauvetage, ils sont obligés de mettre des gilets d’enfants qui traînent au sol, cela devient du chacun-pour-soi !

Une femme membre d’équipage va s’adressait à haute voix, aux passagers qui sont proches d’elle, "Nous avons une annonce de notre commandant, nous vous demandons de bien vouloir retourner dans vos cabines, ou si vous préférez, vous pouvez rester dans les salons. Une fois que nous aurons arrangé notre problème électrique de notre génératrice, tout ira bien. C’est la raison pour laquelle les éclairages de sécurité sont allumés. Tout est sous contrôle."

Mais là elle va dire des paroles qui vont interpeller certains passagers, "Si vous voulez rester ici, vous pouvez, mais je vous demande de bien vouloir retourner dans vos cabines et de rester calmes."

"Si vous voulez rester ici, vous pouvez", c’est paroles vont pour certains avoir un effet contraire. Pourquoi dire que les passagers peuvent rester proches des chaloupes s’il n’y a rien de grave ? Qu’il ne s’agit que d’une panne de courant ? Aucun danger pour les passagers ?

Les passagers vont vouloir quand même monter dans les chaloupes, car le navire s’incline de plus en plus, pendant que d’autres décident de rentrer au chaud à l’intérieur, ou simplement d’aller récupérer des affaires dans leurs cabines…

22h36 - Francesco Schettino demande aux passagers de se rendre au points A et B du navire pont 4.

22h40 - Le Costa Concordia s'approche de l'île, il va une nouvelle fois heurter un autre scole (rocher) au lieu dit "punta Gabbianara" et s'arrêter mais le commandant Francesco Schettino contacte les autorités maritimes et déclare que le Concordia flotte toujours et qu'il exécute une manœuvre pour l'amener au mouillage...

22h47 - Francesco Schettino décide de jeter l'ancre !

Francesco Schettino : "l’abandon, devrait être donnée que par le… gardez le calme et aller tous aux postes de rassemblement…"

Francesco Schettino à ce moment-là, n’a plus le contrôle de la situation…

Mais ce n’est seulement que "16 minutes" plus tard à :

22h54 et 06s - "1h09 minutes" après avoir percuté le Scole, le Costa Concordia s'échoue sur la "Lazzaretto punta" la pointe du Lazaret de l'île de Giglio, il penche à ce moment-là de plus de "20°" à tribord, et c'est là aussi que Francesco SCHETTINO, décide de déclencher l’abandon du navire…

Bosio : "Ordre d’abandonner le navire à l’adresse des passagers."

La Capitainerie de Livourne (Ita) en appelle à tous les navires proches de l'accident, lance le départ des bateaux des patrouilleurs de la Police en direction de l’île de Giglio et de deux hélicoptères, ils arriverons environs vers les 23h50, plus de deux heures après l'accident...

À 22h54 et 10s - l’alerte d’abandon du navire est donnée, mais elle n’a pas été précédée d’une alarme d’urgence générale efficace, plusieurs passagers signaleront que la seule alerte qu’ils ont entendue est une alerte vocale et non pas une sirène.

Les premiers canots de sauvetage ont quitté le navire à 22 h 55 et 23 h 10, mais à moitié vide.

22h58, la Capitainerie de Livourne demande à nouveau si l’abandon du navire a été déclenché ?

La réponse du Costa Concordia est "Abandon du navire !"

À ce moment-là, le Costa Concordia est déjà à l’arrêt à l’endroit où il se trouve aujourd’hui…

23h32 - le gîte du Costa Concordia est tellement important que des dizaines de personnes se jettent à l'eau...

 

23h36 - le VDR (boîte noire) cesse de fonctionner.

23h40 - l’évacuation s’accélère.

0h - le gîte du Costa Concordia est de 40°.

0h07 - à partir de cette minute là, la chute du navire sur son coté tribord va s'accéléré, il va passer de 40° à 90°.

0 h 20 - les officiers (donc Francesco Schettino) quittent le navire, un seul officier le commissaire de bord Manrico Giampedroni qui sera retrouvé blessé 36 heures après est resté à bord pour coordonner l’évacuation du navire, alors qu'il reste encore 300 personnes à bord du Costa Concordia...

0h28 -  le Costa Concordia est définitivement couché dans sa position finale, en 21 minutes les personnes qui se trouvaient encore à bord du navire coté tribord ou à l'intérieur du navire n'ont pratiquement plus aucune chance de s'en sortir vivant.

0h34 - le commandant Francesco Schettino informe les autorités maritimes qu’il se trouve à bord d’un canot de sauvetage avec d’autres officiers.

0h36 - au moins 80 personnes se trouvent encore à bord du Costa Concordia.

2h14 - le navire est toujours dans le noir, avec des dizaines de personnes encore à bord.

4h46 - l’évacuation se poursuit.

6h17 - 30 passagers sont évacués du navire au total 4196 personnes ont été sauvées à cette heure là. 3 autres personnes qui s’étaient mises en sécurité sur le navire sont évacuées le dimanche 15 janvier 2012...

Par la suite les opérations de recherche se sont poursuivies, jusqu’à la découverte du dernier corps le 22 mars 2012.

Ce jour-là le bilan été de 30 morts et de deux disparues !

Le déroulement des faits est tiré en partie du premier rapport d’enquête qui a été rendu public par le bureau spécialisé du ministère italien des Transports le dimanche 26 mai 2013...

Il est défini dans ce rapport que les phases de navigation avant l’impact sont crucial dans l’accident. Comme le comportement et la décision de faire ce passage dangereux dans des eaux peu profondes du commandant Francesco Schettino sont considérés comme la cause réelle et sérieuse de l’accident. La simulation informatique confirme le retard pris dans la manœuvre du navire dans ces circonstances.

Les facteurs contributifs à l’accident sont :

1) D’un passage perpendiculaire du navire en un passage parallèle en étant extrêmement proche de la cote et en intervenant trop doucement avec un virage large et lisse.

2) Au lieu de choisir le monument le plus visible de l’île pour faire le virage, il a était choisi le point ou la lumière est rare du fait que c’est une zone de l’île inhabitée.

3) Maintenir une vitesse élevée (16 nœuds), dans des conditions de faible luminosité et trop proche de la cote.

4) L’utilisant d’une cartographie inappropriée, à savoir l’utilisation d'une carte de l’institut hydrographique italien nr.6 au 1/100.000 au lieu d’utilisé une carte nr.122 au 1/50.000, et de ne pas utiliser les publications nautiques.

5) Les mauvaises informations qui ont circulé entre le commandant et son second.

6) Le fait de regarder aux jumelles ne permet pas une vision et une perspective de l’extérieur nette dans la nuit.

7) La distraction du commandant par la présence de personnes étrangères sur la passerelle de commandement ou au téléphone.

Ceci n’est qu’une infime partie du rapport d’enquête qui contient 181 pages. Le rapport insiste aussi sur les améliorations qu’il faut apporter pour protéger les parties vitales des navires et en particulier une double coque étanche…

 
Le dialogue qui va faire de Francesco Schettino un lâche pour les médias et une partie de l'opinion publique :

À 1 h 46 ce samedi matin 14 janvier, 4 heures après l’accident, un dialogue hallucinant va mettre en scène le commandant du Concordia Francesco SCHETTINO et le commandant de la capitainerie du port de Livourne Gregorio De Falco. Alors que des centaines de personnes sont encore à bord du Concordia, qui est maintenant complètement coucher…

De Falco : "Commandant Gregorio De Falco de la capitainerie du port de Livourne !"

Schettino: "Oui bonsoir commandant, De Falco ?"

De Falco : "Oui je suis De Falco de Livourne, je parle avec le commandant ? Dites-moi votre nom s'il vous plaît"

Schettino: "Je suis le commandant Schettino, commandant"

De Falco: "Schettino ? Écoutez Schettino. Il y a des gens bloqués à bord. Maintenant vous allez avec votre chaloupe sous la proue du navire du côté droit. Il y a une échelle (de secours en corde, ndlr) et vous montez à bord. Vous allez à bord et vous nous dites combien il y a des gens. C'est clair ? J'enregistre cette communication, commandant Schettino..."

Schettino: "Commandant, je veux vous dire une chose..."

De Falco: "Parlez à voix forte. Mettez la main devant le micro et parlez d'une voix plus forte, c'est clair ?"

Schettino: "Actuellement le navire est incliné.. »

De Falco: "J'ai compris. Écoutez : il y a des gens qui descendent par l'échelle de proue. Cette échelle vous devez la parcourir en sens inverse, monter sur le navire et me dire combien il y a de gens et ce qui se passe à bord. C'est clair ? Vous devez me dire combien il y a d'enfants, de femmes et de personnes ayant besoin d'assistance. Et vous me dites combien de gens il y a dans ces catégories. C'est clair ? Écoutez Schettino, vous avez peut-être réussi à vous sauver de la mer, mais là, vraiment ça va mal se passer... Je vais vous causer une énormité d'ennuis. Allez à bord, bordel de merde !"

Schettino: "Commandant, je vous en prie !"

De Falco: "Non, je vous en prie... Là maintenant vous y allez, vous remontez à bord. Vous m'assurez que vous êtes en train de remonter à bord..."

Schettino: "Je suis déjà en train d'y aller là, je suis là, je ne vais nulle part, je suis là..."

De Falco: "Qu'êtes-vous en train de faire commandant ?"

Schettino: "Je suis là pour coordonner les secours..."

De Falco: "Qui est-ce qui coordonne là-bas ? Maintenant vous remontez à bord pour coordonner les secours à bord. Vous refusez là ?"

Schettino: "Non, non, je ne refuse pas !"

De Falco: "Vous refusez de remonter à bord ? Dites-moi pour quel motif vous n'y allez pas ?"

Schettino: "Je ne suis pas en train d'y aller parce qu'il y a l'autre bateau (chaloupe de sauvetage, ndlr) qui s'est arrêté…"

De Falco: "Vous allez à bord, c'est un ordre. Vous ne devez pas penser à autre chose. Vous avez déclaré l'abandon du navire. Maintenant, c'est moi qui commande. Vous remontez à bord ! C'est clair ? Vous m'entendez ? Allez-y et appelez directement depuis le bateau. Sur place, il y a déjà mon secours aérien."

Schettino: "Où est votre moyen de secours ?"

De Falco: "Il est à la proue. Allez-y.. Il y a déjà des cadavres Schettino."

Schettino: "Il y en a combien ?"

De Falco: "Je ne sais pas.. Un, c'est sûr, je l'ai entendu. C'est à vous de me le dire combien, bon sang !!!"

Schettino: "Mais vous vous rendez compte qu'il fait nuit et qu'ici on ne voit rien ?"

De Falco: "Qu'est-ce que vous voulez faire Schettino ? Rentrer à la maison ? Il fait nuit alors vous voulez rentrer chez vous ? Montez sur la proue du navire par l'échelle et vous me dites ce qu'on peut faire, combien il y a de gens, quels sont leurs besoins. Tout de suite !"

Schettino: "Je suis avec le commandant en second"

De Falco: "Montez à bord tous les deux. Vous et votre second. Vous montez maintenant à bord, c'est clair ?"

Schettino: "Et commandant, je voudrais monter à bord, mais l'autre chaloupe ici. Il y a les autres sauveteurs... Elle s'est arrêtée et elle est bloquée, j'ai appelé d'autres sauveteurs."

De Falco: "Cela fait une heure que vous me dites ça. Maintenant vous allez à bord, allez A B-O-R-D !! Et vous venez me dire tout de suite combien il y a de gens."

Schettino: "D'accord commandant !"

De Falco: "Allez-y immédiatement !!"

D'après plusieurs témoins, le commandant Schettino se serait réfugié sur un rocher de l'île de Giglio. Il ne remontera jamais à bord du Costa Concordia...

 
Le premier interview de Francesco Schettino le matin du naufrage :

Dans la matinée, Francesco SCHETTINO donnera une interview à une chaîne de télévision :

Le journaliste : "On dit généralement que le commandant est le dernier à quitter le navire. Comment cela s’est-il passé ?"

Francesco Schettino : "Nous étions les derniers à abandonner le navire. Vous avez le pouvoir de décider. Vous devez garder la tête froide, et comprendre quelles sont les meilleures solutions. Et je pense qu’en fait, pratiquement tous les passagers ont été sauvés."

Quelques heures après l’interview, Francesco Schettino le commandant du navire sera interpellé à son hôtel, la direction Coste Croisières lui rejettera dessus l’entière responsabilité du naufrage…

 
Qui a donné l'autorisation à Francesco Schettino de modifier la route du Costa Concordia :

Pier Luigi Foschi, qui est au moment des faits le président de Costa Croisières déclarera lors d’une conférence de presse :

"Dans ce cas particulier le commandant a décidé de modifier la route !"

Pour l’avocat de Francesco Schettino, "C’est à la demande de Costa Croisière qu’il a modifié sa route…"

 
La presse le lendemain du naufrage
Les communiqués de presse Costa Croisières
 
 
 
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